Conclusion
Bien que l’outil « due diligence » soit devenu plus courant en France, notamment grâce au cadre global instauré par la loi « Sapin II », le recours à l’intelligence économique et à ses instruments (due diligence, veille stratégique, etc.) demeure encore plus largement répandu dans le monde « anglo-saxon ».
Côté français, certains opérateurs économiques éprouvent encore des difficultés à progresser sur ces sujets. En 2022, un rapport de l’AFA soulignait que près de 59 % des entreprises interrogées estimaient que l’évaluation des tiers était la mesure la plus difficile à mettre en œuvre. La mise en place d’un programme de conformité et le développement d’une culture forte en la matière demeurent pourtant plus que jamais d’actualité : selon le diagnostic national de l’AFA, environ 30 % des entreprises déclaraient en 2024 avoir été confrontées à au moins un cas de corruption ou de trafic d’influence au cours des cinq dernières années.
L’accélération pourrait venir de l’échelon supranational, à savoir l’Union européenne. L’adoption, en 2024, de la directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises, dite CS3D, pour Corporate Sustainability Due Diligence Directive, a étendu la logique de diligence raisonnable aux enjeux environnementaux et sociaux, même si son calendrier d’application a depuis été aménagé. La due diligence s’affirme ainsi comme un standard de gouvernance durable.
La question n’est désormais plus de savoir s’il faut évaluer ses tiers, mais de démontrer que cette évaluation repose sur un processus pleinement intégré au processus global de conformité et adapté à la typologie de risque de chaque tiers comme à la nature des opérations concernées.